Page 41 - furie-des-mondes
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effroyable, oubliant qu'ils n'étaient encore que des êtres
ignorants et malfaisants.
Tant de diplômes et un oubli si essentiel !
Tout concourrait à la catastrophe...
Assassin de sa Terre, assassin de ses frères humains et de
ses frères animaux, assassin de son avenir, l'homme l'était
aussi de l'Amour.
Car, au nom de l'Amour, ce qu'il avait de plus cher au
monde : ses propres enfants, il se reproduisait à l'envie sur
une planète dont les ressources diminuaient sans cesse.
Pour l'amour des siens, il privait les enfants des autres
d'une nourriture suffisante.
Par amour, il tuait !
Malheureux l'amour qui dépend du corps ! Plus
précisément, malheureuse l'âme : AM qui appartient à
Dieu UR, l'âme divine qui dépend du corps.
Cette humanité en souffrance dans un chaos d'idéologies,
inévitablement ne recherchait plus que l'oubli, l'oubli
d'elle-même, la mort en finalité.
- " Métro, boulot, dodo " pour les plus défavorisés, mais
aussi :
- " bagnole, bureau, club Méd " des nantis révélait en fin de
compte le même vide.
Tout, plutôt que se retrouver face à soi-même.
Du pain et des jeux !
Le travail des hommes participait de cette même course à
l'oubli : travaillons, soyons utiles dans l'inutilité de cette
civilisation plutôt que d'ouvrir les yeux !
Etre le plus important de ces joueurs dérisoires, tel était le
but de chacun, c'était la course au pouvoir.
Les machines à oublier faisaient recette, télévisions, stades
pleins à craquer, drogue pour la jeunesse inquiète et
idéologies à la mode pour intellectuels...
La voix s'apaisa, l'enfant avait écouté, accablé, le long

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