Page 40 - furie-des-mondes
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La douleur des dos courbés de générations de paysans, la
douleur des animaux attelés au joug, l'obscur travail de
toute la nature, l'homme s'en riait, inconscient. Au lieu de
cueillir avec respect le fruit de tant de souffrances..
Homme assassin de sa Terre !
Homme assassin de ses frères !
Non content de jeter, la nourriture alors que les trois-quarts
de ses semblables meurent de faim, il tue aussi sa Terre-
Mère par les engrais, la pollution des eaux, la destruction
des espèces animales et végétales...
Une génération de technocrates allait suffire pour détruire
la récompense des efforts de centaines de générations dans
le passé, pour détruire la possibilité de survie des
générations à venir.
Homme assassin de ses enfants et petits-enfants !
Tout cela au nom d'une logique : " Cela reviendrait trop
cher de garder ces fruits !" disent les nouveaux maîtres, les
économistes.
- Objectivement - Logiquement -, oui, mais au nom de la
logique folle d'un système fou, science sans âme faite pour
perpétuer la domination des puissants mais qui en fait,
suprême ironie, ne les mène qu'à leur perte, entrainant le
reste de l'humanité avec eux.
Ainsi, les hommes avaient pour idole le dieu Or, la mesure
étalon de toutes choses ici-bas, colosse aux pieds d'argile
enchâssé au fond une grande illusion mais dont la chute
bénie pour ceux qui savent serait douloureuse pour la
masse.
Bien entendu, les hommes tous en cœur, fêtaient comme
leurs héros, leurs génies, les plus bornés et les plus
puissants, de tous les assassins, les assassins de leur avenir,
les savants atomistes, nobélisés et enrubannés à qui mieux-
mieux, qui avaient livré à leurs semblables cette arme
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