Page 52 - furie-des-mondes
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Le devenir du Cycle.

Le Sage referma l'ouvrage en disant :
- Observe et réfléchis par toi-même. Tu t'apercevras qu'au
fil du temps, l'homme voit à la fois ses capacités cérébrales
individuelles s'amoindrir, et son savoir se morceler en
disciplines de plus en plus spécialisées.

Autrefois, ce qu'un homme seul pouvait faire, il faut
maintenant toute une équipe pour en venir à bout.
Peux-tu comparer les monuments anciens qu'un architecte
pouvait dessiner seul avec nos tours dont l'élaboration
nécessite tout un bataillon de techniciens ?
Les ouvriers d'autrefois étaient capables de créer par eux-
mêmes, d'inventer une voiture, un avion...
Maintenant notre éducation fabrique à un bout de la chaîne
des ouvriers rendus incapables de toute création, et à l'autre
bout des ingénieurs de grandes écoles, qui forment une
caste de gens n'acceptant le dialogue qu'avec leurs pareils.
Or, même dans ce cas il n'en résulte qu'une conversation
mondaine nourrissant très peu de créativité.

Ainsi, s'édifie un cloisonnement de plus en plus étanche
entre les êtres, babélisme où personne ne comprend plus
personne. Ainsi nait le mépris mutuel, mépris de
l'ingénieur pour l'ouvrier, de l'économiste pour le
physicien, du médecin pour le guérisseur...

Chacun bâtit des systèmes de pensée, des théories très bien
articulées et argumentées mais malheureusement les
prémices en sont fausses car basées sur des préférences,
des opinions, et non point sur le Savoir général universel.
Ainsi, l'on construit des tours très belles, très hautes, mais

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